Route du Rhum : premier réveil, premier bain à Gosier
Premier réveil en Guadeloupe à Gosier, l’occasion d’un premier bain à la plage de la Datcha et de sensations retrouvées pour le lieutenant Capesterre #rhumamer #routedurhum
Comme dans le polar Rhum amer, le jour se lève à Gosier. En attendant les bateaux de la Route du rhum, c’est le temps des premières sensations en Guadeloupe et d’un bain à la plage de la Datcha pour le lieutenant Capesterre. Extrait #rhumamer #routedurhum #Guadeloupe #gosier
« Six heures du matin en Guadeloupe. Les rares coqs de Gosier chantent le réveil, accompagnés des aboiements de quelques chiens errants. Capesterre a ouvert les yeux il y a bientôt deux heures. Le policier en sourit. Le voilà comme ces touristes dont ses grands-parents se moquaient, réveillés à l’aube par le décalage horaire.
Les premières lueurs du soleil naissant poussent Capesterre à sortir du Tropical beach, un des grands hôtels de Gosier, ce quartier de villégiature de Pointe-à-Pitre réservé aux riches métropolitains en mal de coups de soleil hivernaux.
Il descend les quelques marches bordant la piscine pour déambuler sur la petite plage faisant face au superbe îlet du Gosier, sa grève de sable blanc, ses cocotiers, son phare blanc et rouge, ses deux barrières de corail et ses jolis voiliers se dandinant au mouillage.
Capesterre décide d’aller plus loin. La petite plage privée de son hôtel, avec les hamacs encore vierges d’huile solaire et le bar à cocktail, ne lui plaît pas. Il s’y sent étranger. Les visages pâles qu’il y croise font la même gueule qu’en région parisienne. Son sourire lui revient en boomerang, sans partage.
Il décide de remonter vers la route jouxtant l’hôtel et partir à la recherche de la plage de son enfance, là où son pépé venait avec ses amis partager les acras et de longues nages vers l’îlet du Gosier. Un petit coup d’œil sur le plan de son smartphone, qu’il commence à maîtriser comme un vrai geek, lui indique le parcours.
Il marche sur le côté gauche de la petite route, sans véritable trottoir. Comme dans l’ensemble de la Caraïbe, la vie bat déjà son plein. Ici, on vit et travaille avec le soleil. On se lève tôt et on termine sa tâche lorsque la nuit revient. Les jeunes et moins jeunes filent à scooter, en slalomant entre les nids-de-poule et les zones de bitume qui ont fondu lors des barrages en feu des manifestations de l’année dernière. À côté, les voitures et les camionnettes rivalisent de coups de klaxon, juste pour prévenir de leur présence. Vieille coutume sous les tropiques.
La plage de la Datcha n’est plus qu’à deux cents mètres. Dans ses souvenirs, le policier antillais revoit une anse majoritairement fréquentée par des Guadeloupéens, avec des bars et restos de plage colorés et animés.
Capesterre se sent empli d’une énergie nouvelle, celle évaporée dans les brumes parisiennes il y a déjà si longtemps, lors des interpellations ponctuées d’injures de ses cousins d’infortune, perdus eux aussi dans cette ville et cette vie qui ne leur ressemble pas ou si peu.
Le temps d’un café au bar de plage, de quelques sourires enfin complices. Capesterre se décide d’aller accompagner la petite dizaine de Guadeloupéens venus nager vers les bateaux au mouillage près de l’îlet du Gosier. Ils y croisent les plaisanciers métropolitains qui se dérouillent en ramant et en glissant sur leurs paddles. Capesterre se sent revivre, au sens littéral du terme ! Un bonheur simple, des sensations douces en crawlant dans le léger courant venu de la pointe des Châteaux ».
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